Impôts en Suisse 2026 : barème fédéral jusqu’à 11,5 %, séjour de 30 ou 90 jours
Vous êtes assujetti en Suisse dès que vous y êtes domicilié, ou après 30 jours sans interruption notable si vous y travaillez, 90 jours sinon. L’impôt fédéral monte jusqu’à 11,5 % du revenu ; cantons et communes s’y ajoutent, hors de cette page.
La loi fédérale sur l’impôt fédéral direct (LIFD), dans son état au 1er janvier 2026, pose deux portes d’entrée à son article 3. Vous êtes domicilié en Suisse si vous y résidez avec l’intention de vous y établir durablement. Vous y êtes en séjour si, sans interruption notable, vous y résidez 30 jours au moins en y exerçant une activité lucrative, ou 90 jours au moins sans activité. Ces seuils sont bas et ne se comparent pas aux 183 jours d’autres pays, car ils mesurent une présence d’un seul tenant et pas un total sur l’année. Une exception existe : qui garde son domicile à l’étranger et vient seulement pour étudier ou se faire soigner dans un établissement n’est ni domicilié ni en séjour. L’assujettissement commence le jour de l’installation ou du début du séjour, et finit le jour du départ, selon l’article 8. Le texte ne définit pas ce qu’est une interruption notable, et le compteur ci-dessus prend vos voyages tels quels pour mesurer la plus longue présence continue.
Le barème fédéral 2026, en francs
L’article 36 ne donne pas des tranches classiques mais un impôt de base, puis un montant par 100 francs supplémentaires. Traduit en taux marginal pour une personne seule :
| Revenu imposable, personne seule (CHF) | Impôt au début de la ligne (CHF) | Taux sur le revenu en plus |
|---|---|---|
| jusqu’à 15 200 | 0 | 0,00 % |
| 15 200 à 33 200 | 0,00 | 0,77 % |
| 33 200 à 43 500 | 138,60 | 0,88 % |
| 43 500 à 58 000 | 229,20 | 2,64 % |
| 58 000 à 76 200 | 612,00 | 2,97 % |
| 76 200 à 82 100 | 1 152,55 | 5,94 % |
| 82 100 à 108 900 | 1 502,95 | 6,60 % |
| 108 900 à 141 500 | 3 271,75 | 8,80 % |
| 141 500 à 185 100 | 6 140,55 | 11,00 % |
| 185 100 à 793 900 | 10 936,55 | 13,20 % |
À partir de 794 000 CHF de revenu, l’impôt est de 91 310 CHF, puis 11,50 francs par 100 francs en plus : le taux s’applique alors à tout le revenu, soit 11,5 %. C’est pourquoi le taux marginal redescend en haut du barème, de 13,2 % à 11,5 %. Les couples mariés vivant en ménage commun ont leur propre échelle à l’alinéa 2, qui commence à 29 700 CHF et atteint les mêmes 11,5 % à 941 400 CHF. Elle sert aussi aux personnes seules qui vivent avec des enfants ou des personnes nécessiteuses dont elles assument l’essentiel de l’entretien, et l’impôt obtenu baisse de 263 francs par enfant ou personne à charge (alinéa 2bis). Les montants inférieurs à 25 francs ne sont pas perçus.
Calcul direct depuis cet article, pour 100 000 CHF de revenu imposable : une personne seule doit 2 684,35 francs d’impôt fédéral (1 502,95 à 82 100 francs, plus 6,60 francs par 100 francs sur 17 900 francs) ; un couple marié sans enfant doit 1 816 francs (1 561 à 94 900 francs, plus 5 francs par 100 francs sur 5 100 francs). Ce n’est que la part fédérale, sur un revenu déjà net des déductions.
Les cantons appliquent le même seuil. L’article 3 de la loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID) reprend les 30 jours avec activité lucrative et les 90 jours sans activité, sans interruption notable, à l’échelle du canton. Son article 1 laisse en revanche aux cantons la fixation des barèmes, des taux et des montants exonérés d’impôt : ce qui vaut pour le décompte ne vaut pas pour le montant.
Résident ou seulement rattaché : ce que la Suisse impose
Le rattachement personnel crée un assujettissement illimité, mais qui ne s’étend pas aux entreprises, établissements stables et immeubles situés à l’étranger (art. 6). Sans domicile ni séjour, un rattachement économique suffit encore à vous taxer sur la partie suisse : entreprise ou établissement stable en Suisse, immeuble suisse, commerce d’immeubles (art. 4), activité dépendante ou indépendante exercée sur place, mandat d’administrateur et autres cas de l’article 5. Une personne ainsi partiellement assujettie se voit appliquer le taux qu’aurait son revenu total si tout était imposable en Suisse (art. 7). Deux sommes échappent à la logique habituelle : le gain en capital réalisé sur la fortune privée n’est pas imposable (art. 16, al. 3), et le revenu est apprécié sur l’année civile, la période fiscale (art. 40). Lors d’une arrivée en cours d’année, l’impôt porte sur les revenus de la période, mais le taux des revenus périodiques se détermine sur douze mois.
Salariés étrangers : l’impôt à la source avant la déclaration
Un travailleur sans permis d’établissement, domicilié ou en séjour en Suisse, paie un impôt à la source sur le revenu de son activité dépendante (art. 83), sauf si son conjoint en ménage commun est suisse ou titulaire d’un permis d’établissement. S’il n’entre pas dans les cas de taxation obligatoire de l’article 89, il peut demander une taxation ordinaire ultérieure au plus tard le 31 mars de l’année suivante, et au dépôt de la déclaration de départ s’il quitte le pays. Sans cette demande, l’impôt à la source remplace l’impôt fédéral direct sur ce revenu et aucune déduction supplémentaire n’est accordée (art. 89a). Les frontaliers et autres salariés domiciliés à l’étranger relèvent eux aussi de la source (art. 91), avec une demande possible au même 31 mars sous conditions (art. 99a), par exemple lorsqu’une part prépondérante de leurs revenus mondiaux est imposable en Suisse. La date est donc un vrai point de contrôle du calendrier. L’Administration fédérale des contributions précise que les employeurs transfèrent cet impôt aux autorités fiscales cantonales et que ses barèmes sont cantonaux.
L’imposition d’après la dépense
Une personne sans nationalité suisse, assujettie pour la première fois ou après dix ans d’absence, et sans activité lucrative en Suisse, a le droit d’être imposée sur ses dépenses plutôt que sur son revenu (art. 14). La base minimale est le plus élevé de plusieurs montants, dont 435 000 CHF par an, sept fois le loyer annuel ou la valeur locative pour un chef de ménage, et certains revenus de source suisse. Pour un couple, les deux doivent remplir les conditions.
Le seuil de 30 ou 90 jours, sur un calendrier réel
| Seuil de jours | Fenêtre | Comment on compte | Sans décompte de jours |
|---|---|---|---|
| 30 jours avec activité, 90 sans | présence continue | tout jour de présence | Un domicile, avec l’intention de s’y établir durablement, suffit sans décompte. |
Le compteur applique les deux seuils selon votre réponse à la question sur l’activité lucrative : 30 jours si vous travaillez sur place, 90 jours sinon. Le séjour proposé par défaut, du 2 mars au 15 avril 2026, fait 45 jours d’affilée, assez pour un salarié, pas pour un retraité ou un visiteur sans activité : passez la réponse à Non pour le voir. Une activité lucrative change donc la lecture pour le même calendrier, et c’est ce qui justifie de saisir de vrais voyages plutôt qu’un total. Un aller-retour d’un week-end à l’étranger interrompt-il le séjour ? La loi dit « sans interruption notable » sans fixer de durée, et nous ne lisons rien de plus dans ce texte. Si vous fractionnez un séjour dans le compteur, gardez en tête qu’une pause brève peut ne pas être notable, de sorte que le chiffre affiché est un minimum, pas une marge sûre.
Et le domicile ne se compte pas du tout : l’intention de s’établir durablement peut suffire dès l’arrivée. Un logement pris à Genève avec un emploi durable se juge sur cette intention, sans attendre un seuil.
Déclaration et départ
L’autorité invite les contribuables à déposer une déclaration, par publication officielle, communication personnelle ou envoi de la formule, et même celui qui n’a rien reçu doit en déposer une (art. 124). Elle doit être complète, signée personnellement et remise dans le délai. Au départ, l’assujettissement finit le jour où vous quittez la Suisse, sauf si un élément imposable y reste : un immeuble ou une activité vous maintient alors dans le rattachement économique. Si un autre pays vous considère aussi comme résident, commencez par la convention applicable, que cette page ne détaille pas : voir la double résidence fiscale, le tableau par pays et la page France pour un départ depuis ce pays. Pour tenir le relevé des jours d’un séjour à l’autre, l’application Taxlag garde vos dates ; le compteur ci-dessus reste libre d’accès.
Les questions qui reviennent
Quel est le taux maximum de l’impôt fédéral direct en Suisse ?
L’impôt fédéral direct atteint 11,5 % du revenu total, à partir de 794 000 francs pour une personne seule et de 941 400 francs pour des époux, selon l’article 36 de la LIFD dans son état au 1er janvier 2026. Juste en dessous, le taux marginal monte à 13,2 % pour une personne seule. Les impôts cantonaux et communaux viennent en plus et ne figurent pas dans ce chiffre.
Je viens travailler un mois à Lausanne : suis-je déjà assujetti en Suisse ?
Possible. Selon l’article 3 de la LIFD, 30 jours au moins de résidence sans interruption notable, avec une activité lucrative, créent un séjour au regard du droit fiscal. Et même en dessous, une activité exercée en Suisse peut créer un rattachement économique selon l’article 5. Une convention peut changer le résultat final : elle n’est pas examinée ici, et il faut donc la lire pour votre pays.
Sans emploi, combien de temps peut-on rester en Suisse avant d’être imposable ?
Le séjour fiscal naît à 90 jours au moins, sans interruption notable et sans activité lucrative, selon l’article 3 de la LIFD. Il ne compte pas pour la personne qui garde son domicile à l’étranger et vient seulement étudier ou se faire soigner dans un établissement. Un domicile, avec l’intention de s’établir durablement, rend de toute façon ce décompte inutile, dès l’installation.
Jusqu’à quand demander une taxation ordinaire quand on paie l’impôt à la source ?
Au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’année fiscale concernée, pour un résident imposé à la source (art. 89a LIFD) comme pour un non-résident remplissant les conditions de l’article 99a. Qui quitte la Suisse doit le demander au dépôt de sa déclaration de départ. Sans cette demande, l’impôt à la source remplace l’impôt fédéral ordinaire sur ce revenu d’activité.
Le gain sur la vente d’actions privées est-il imposé en Suisse ?
Pour l’impôt fédéral direct, l’article 16 de la LIFD dit que les gains en capital réalisés lors de l’aliénation d’éléments de la fortune privée ne sont pas imposables. La règle est écrite pour cet impôt fédéral : nous n’avons pas lu les lois cantonales. Et le texte vise la fortune privée, si bien qu’une activité commerciale de vente relève d’autres articles de la même loi.
Quel est le plancher de l’imposition d’après la dépense en Suisse ?
L’article 14 de la LIFD fixe un minimum de 435 000 francs par an, ou davantage si un autre critère donne plus : sept fois le loyer annuel ou la valeur locative pour un chef de ménage, trois fois le prix de pension pour les autres, ou certains revenus de source suisse. Ce régime suppose de ne pas être suisse et de ne pas travailler en Suisse.
À lire ensuite
Sources officielles
Chaque règle de cette page vient de ces textes, ouverts et lus le 3 novembre 2026.
Rédigé par Radif Partners
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