Impôts au Portugal 2026 : IRS de 12,5 % à 48 %, 183 jours sur 12 mois quelconques
Vous êtes résident du Portugal après plus de 183 jours sur toute période de 12 mois commençant ou finissant dans l’année, ou plus tôt si vous y disposez d’un logement laissant supposer une résidence habituelle. L’IRS va de 12,5 % à 48 %, plus un taux de solidarité.
L’article 16 du Código do IRS ne regarde pas l’année civile mais toute période de 12 mois qui commence ou finit dans l’année visée : plus de 183 jours, consécutifs ou non, dans une telle période font de vous un résident pour cette année. Un séjour d’août à février peut donc franchir le seuil sans qu’aucune année civile ne paraisse chargée, et c’est ce que montre le compteur ci-dessus avec ses dates d’exemple. Vous pouvez aussi devenir résident avec moins de jours : il suffit de disposer, un jour de cette période, d’une habitation dans des conditions qui font supposer l’intention actuelle de la garder et de l’occuper comme résidence habituelle. La loi compte comme jour de présence tout jour, complet ou partiel, qui inclut une nuit sur le territoire. Le code ajoute deux cas : l’équipage de navires ou d’aéronefs au service d’entités portugaises au 31 décembre, et les fonctions publiques à l’étranger au service de l’État portugais. Le résident paie sur la totalité de ses revenus mondiaux.
Les taux de l’IRS 2026 et le taux de solidarité
| Revenu imposable 2026 | Taux |
|---|---|
| jusqu’à 8 342 € | 12,5 % |
| 8 342 € à 12 587 € | 15,7 % |
| 12 587 € à 17 838 € | 21,2 % |
| 17 838 € à 23 089 € | 24,1 % |
| 23 089 € à 29 397 € | 31,1 % |
| 29 397 € à 43 090 € | 34,9 % |
| 43 090 € à 46 566 € | 43,1 % |
| 46 566 € à 86 634 € | 44,6 % |
| au-delà de 86 634 € | 48 % |
Taux de l’article 68 du CIRS.
Ces tranches sont progressives : chaque taux ne frappe que sa part de revenu. Calcul en appliquant le tableau, sans le taux additionnel : 3 343 € d’impôt pour 20 000 € de revenu imposable, 9 750 € pour 40 000 €. Le rendimento coletável est le revenu après déductions, pas le salaire brut. L’article 68 publie aussi une colonne de taux moyens ; son deuxième alinéa, lu le 3 novembre 2026, cite encore un montant de 8 059 € alors que la première tranche s’arrête à 8 342 €, écart que la page officielle n’explique pas.
Au-dessus de 80 000 € s’ajoute l’article 68-A : 2,5 % de 80 000 € à 250 000 €, puis 5 % au-delà. En imposition conjointe, ce calcul se fait sur la moitié du revenu, et le résultat est multiplié. Certains revenus sortent du barème par des taux spéciaux. L’article 72 taxe à 28 % notamment le solde positif de certaines plus-values et les revenus de capitaux non soumis à retenue, et à 25 % les revenus de location d’habitation, avec des réductions pour les baux longs.
Non-résident : seulement la source portugaise
Hors de la résidence, l’IRS ne porte que sur les revenus obtenus sur le territoire portugais (article 15). L’année d’arrivée et l’année de départ sont coupées en deux : vous êtes résident à partir du premier jour de présence de la période, et vous cessez de l’être au dernier jour de présence, chaque statut suivant son propre champ. Trois réserves changent ce calcul, et elles méritent d’être lues avant de réserver un billet.
Ce que le départ ne règle pas tout seul
| Seuil de jours | Fenêtre | Comment on compte | Sans décompte de jours |
|---|---|---|---|
| plus de 183 | 12 mois glissants | jour complet ou partiel incluant une nuit | Un logement laissant supposer une résidence habituelle suffit, même en dessous. |
Résident l’année entière malgré le départ. Si vous avez passé plus de 183 jours dans le pays l’année où vous perdez la résidence, et que vous touchez ensuite, cette même année, des revenus qui auraient été imposés si vous étiez resté, vous êtes réputé résident toute l’année (n° 14). L’exception joue si vous démontrez que ces revenus sont taxés par un impôt comparable dans un autre État de l’Union ou de l’Espace économique européen, sous condition de coopération, ou ailleurs à un taux d’au moins 60 % du taux portugais (n° 15).
Retour l’année suivante. Si vous redevenez résident durant l’année qui suit celle du départ, vous êtes considéré résident pendant toute l’année du départ (n° 16). Un départ suivi d’un retour rapide peut donc faire disparaître la coupure que vous pensiez avoir.
Paradis fiscaux. Un citoyen portugais qui transfère sa résidence vers un territoire de la liste de régimes nettement plus favorables reste résident l’année du changement et les quatre suivantes, sauf s’il prouve des raisons valables, comme une activité temporaire pour un employeur domicilié au Portugal (n° 6 et 7).
Après le résident non habituel : IFICI et conditions
L’ancien régime de résident non habituel a été abrogé par la loi n° 82/2023, avec une disposition transitoire pour certaines personnes déjà inscrites ou remplissant les conditions au 31 décembre 2023, ou devenues résidentes jusqu’au 31 décembre 2024 avec un contrat, un bail, un visa ou une démarche antérieurs à des dates précises. Hors de ce cadre, ce qui existe aujourd’hui est l’article 58-A du Statut des avantages fiscaux : un taux spécial de 20 % sur les revenus nets des catégories A et B issus d’activités éligibles, pendant 10 années consécutives, sans préjudice de l’option pour le barème général. Il faut devenir résident selon les n° 1 et 2 de l’article 16, ne pas l’avoir été les cinq années précédentes, et exercer l’une des activités visées : enseignement supérieur et recherche scientifique, postes qualifiés dans des entreprises remplissant certaines conditions, startups certifiées, entre autres. Chaque année dépend de la résidence fiscale et de la poursuite de revenus éligibles, et une inscription tardive réduit la durée restante, sans la rallonger. Ce n’est pas un régime ouvert à tout nouvel arrivant.
Compter sur 12 mois, en pratique
Les 12 mois concernés commencent ou finissent dans l’année : en 2026, cela va de périodes partant de 2025 jusqu’à des périodes finissant en 2027. Saisissez donc vos séjours sur deux ou trois années et non la seule année en cours. Le compteur cherche vos 12 mois les plus chargés. Si vous ne dépassez pas 183 jours mais que vous gardez un appartement à Lisbonne, ce résultat ne vous protège pas : le critère du logement ne se compte pas. Gardez bail, factures et preuves d’occupation, dans un sens ou dans l’autre. La résidence s’apprécie aussi pour chaque membre du foyer, pas pour le ménage en bloc (n° 5). Pour les conflits avec un autre pays, voir la double résidence fiscale ; nous n’avons pas examiné ici de convention portugaise. Comparez aussi avec le voisin espagnol, qui compte sur l’année civile, ou le tableau par pays. L’application Taxlag peut tenir ce décompte sur plusieurs années.
Les questions qui reviennent
Un appartement au Portugal rend-il résident fiscal avant 183 jours ?
Il le peut. L’article 16 du CIRS vise la personne restée moins longtemps qui dispose, un jour de la période, d’un logement dans des conditions faisant supposer l’intention actuelle de le garder et de l’occuper comme résidence habituelle. Posséder ou louer n’est donc pas décisif en soi : c’est ce que les conditions laissent supposer. Aucun nombre de jours minimum n’est écrit pour cette voie.
Un jour de transit à Lisbonne compte-t-il pour les 183 jours du Portugal ?
Selon l’article 16, n° 2, un jour de présence est tout jour, complet ou partiel, qui inclut une nuit sur le territoire portugais. Un passage en journée sans nuit ne remplit donc pas cette définition, et notre compteur ne le retient pas. Il rattache chaque nuit au jour où elle commence, le jour du départ ne comptant pas : c’est notre lecture d’un point que le texte ne précise pas.
Le taux de 48 % au Portugal, à partir de quel revenu ?
Il s’applique à la part de revenu imposable au-delà de 86 634 €, selon l’article 68 du CIRS modifié par la loi n° 73-A/2025. Ce n’est pas un taux sur tout le revenu. Au-dessus de 80 000 €, l’article 68-A ajoute un taux additionnel de solidarité de 2,5 %, puis 5 % au-delà de 250 000 €, ce qui porte le taux marginal plus haut que 48 %.
Partir en cours d’année du Portugal arrête-t-il l’impôt sur les revenus suivants ?
En principe, la résidence cesse au dernier jour de présence. Mais si vous avez passé plus de 183 jours dans le pays cette année-là et touchez ensuite des revenus qui y seraient imposés, vous êtes réputé résident toute l’année, sauf preuve qu’un impôt comparable les frappe dans un autre État de l’Union ou de l’EEE, ou ailleurs à au moins 60 % du taux portugais.
Le régime IFICI à 20 % au Portugal est-il ouvert à tous les nouveaux résidents ?
Non. L’article 58-A du Statut des avantages fiscaux exige de ne pas avoir été résident les cinq années précédentes et d’exercer une activité éligible, comme la recherche ou un poste qualifié dans certaines entreprises. Le taux de 20 % porte sur les revenus nets des catégories A et B issus de ces activités, pendant 10 années consécutives, avec une inscription à effectuer auprès de l’organisme compétent.
À lire ensuite
Sources officielles
Chaque règle de cette page vient de ces textes, ouverts et lus le 3 novembre 2026.
- Portal das Finanças, CIRS article 16
- Portal das Finanças, CIRS article 68 (taux)
- Portal das Finanças, CIRS article 68-A (taux additionnel de solidarité)
- Portal das Finanças, CIRS article 15 (champ de l’impôt)
- Portal das Finanças, CIRS article 72 (taux spéciaux)
- Portal das Finanças, EBF article 58-A (incitation recherche et innovation)
Rédigé par Radif Partners
Éditeur indépendant de règles de résidence fiscale et d'outils de décompte des jours établis à partir des sources officielles
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