Fiscalité en Espagne 2026 : barème IRPF de l’État, 183 jours et présomption familiale

Vous êtes résident d’Espagne après plus de 183 jours sur l’année civile, absences occasionnelles comprises, ou si le centre de vos intérêts économiques s’y trouve. L’échelle de l’État va de 9,5 % à 24,5 % ; chaque communauté autonome ajoute la sienne.

Combien de jours vous restent en Espagne cette année civile ?

Vos séjours : Espagne

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Jours de présence en 2026

176jours

Seuil non atteint : encore 7 jours possibles en Espagne.

Seuil
176 / 183

Règle appliquée : Plus de 183 jours sur l’année civile, absences occasionnelles comprises.

Hypothèses : les jours d’arrivée et de départ suivent la règle du pays ; un jour présent dans deux voyages compte une fois. Comment c’est calculé

Suivre jour par jour dans l’app Taxlag

L’article 9 de la loi 35/2006 fixe deux critères, et un seul suffit. Vous avez votre résidence habituelle en Espagne si vous y restez plus de 183 jours pendant l’année civile, ou si le noyau principal ou la base de vos activités ou intérêts économiques s’y trouve, directement ou indirectement. Le premier critère réserve une surprise : les absences occasionnelles se comptent dans la présence, sauf si vous prouvez votre résidence fiscale dans un autre pays. Un mois de vacances hors d’Espagne ne retire donc pas forcément un mois du total. La loi ajoute une présomption réfragable : si votre conjoint non séparé et vos enfants mineurs à charge résident habituellement en Espagne, vous êtes présumé y résider aussi, sauf preuve contraire. Et comme le changement de résidence n’interrompt pas la période d’imposition, l’Agencia Tributaria vous considère résident ou non-résident pour l’année civile entière. Il n’y a pas d’année coupée en deux ici.

Deux échelles qui s’additionnent : l’État et la communauté

Revenu imposable 2026Taux
jusqu’à 12 450 €9,5 %
12 450 € à 20 200 €12 %
20 200 € à 35 200 €15 %
35 200 € à 60 000 €18,5 %
60 000 € à 300 000 €22,5 %
au-delà de 300 000 €24,5 %

Échelle de l’État seule (art. 63 de la loi 35/2006), sur la base liquidable générale. Chaque communauté autonome ajoute la sienne (art. 74) : ces taux ne sont pas le taux total.

Voici le point que les chiffres isolés font oublier. L’article 63 ne donne que la moitié de l’impôt. L’article 74 prévoit une échelle autonomique, celle « approuvée par la communauté autonome », sans aucun taux dans la loi nationale. Madrid, la Catalogne ou l’Andalousie décident donc de leur part, et nous n’avons pas relevé ces échelles régionales : le taux total pour votre revenu n’est pas sur cette page, seulement la part de l’État.

Le mécanisme de calcul est écrit dans ces mêmes articles. L’échelle s’applique à la base liquidable générale, puis on retranche le résultat de la même échelle appliquée au minimum personnel et familial. Ce minimum est de 5 550 € par an pour un contribuable (article 57), augmenté de 1 150 € au-delà de 65 ans et encore de 1 400 € au-delà de 75 ans. Les descendants ajoutent 2 400 € pour le premier, 2 700 € pour le deuxième, 4 000 € pour le troisième, 4 500 € ensuite (article 58). L’abattement passe ainsi par le barème et ne sort pas directement de la base.

L’épargne a son propre barème

Les intérêts, dividendes et plus-values de la base d’épargne ne suivent pas ce tableau. Les articles 66 et 76 appliquent chacun la même échelle, pour l’État et pour la communauté :

Base d’épargnePart de l’ÉtatPart autonomiqueTotal des deux
jusqu’à 6 000 €9,5 %9,5 %19 %
6 000 € à 50 000 €10,5 %10,5 %21 %
50 000 € à 200 000 €11,5 %11,5 %23 %
200 000 € à 300 000 €13,5 %13,5 %27 %
au-delà de 300 000 €15 %15 %30 %

Non-résident en Espagne : un taux plat

Sans résidence, c’est un autre impôt, celui des non-résidents. L’article 25 de son texte refondu fixe un taux général de 24 %, ramené à 19 % pour les résidents d’un autre État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen avec échange effectif d’informations. Il existe des règles propres à certains revenus, dont une échelle pour les pensions, que nous ne reprenons pas ici. Passer le seuil de 183 jours change donc tout le calcul, et pas seulement son montant.

Quitter l’Espagne ou s’y installer : les trois cas qui coûtent

Seuil de joursFenêtreComment on compteSans décompte de jours
plus de 183année civiletout jour de présenceCentre des intérêts économiques en Espagne, ou conjoint et enfants mineurs qui y résident : résident ou présumé tel.

Paradis fiscal. Le national espagnol qui établit sa nouvelle résidence dans un territoire classé reste contribuable de l’IRPF l’année du changement et les quatre suivantes, selon l’Agencia Tributaria. Depuis le 11 juillet 2021, la référence aux paradis fiscaux se lit comme celle de juridiction non coopérative. L’administration peut aussi exiger la preuve de 183 jours sur place.

Plus-values latentes au départ. L’article 95 bis traite comme gain l’écart entre la valeur de marché et le prix d’acquisition de vos actions ou parts, si vous avez été contribuable au moins dix des quinze dernières périodes, et si leur valeur dépasse 4 000 000 €, ou 1 000 000 € avec une participation de plus de 25 % dans une entité. Ce gain entre dans la base d’épargne de la dernière déclaration.

Régime des impatriés. L’article 93 permet à une personne devenue résidente par son déplacement en Espagne d’opter pour les règles de l’impôt des non-résidents l’année du changement et les cinq suivantes, sans avoir été résidente les cinq périodes précédentes. Le déplacement doit venir d’un contrat de travail, télétravail compris sous conditions, d’un poste d’administrateur, ou de certaines activités entrepreneuriales et hautement qualifiées. La base, hors dividendes, intérêts et plus-values, est taxée à 24 % jusqu’à 600 000 € et 47 % au-delà. Son détail tient en plusieurs paragraphes : lisez l’article entier avant d’opter.

Le faux réflexe. Rester à 170 jours ne suffit pas si vos enfants sont scolarisés à Valence et votre conjoint y vit, ou si votre activité principale s’y exerce. Le compteur ne juge que le premier critère.

Pourquoi vos voyages se saisissent un par un

Le décompte espagnol suit l’année civile : du 1er janvier au 31 décembre, sans fenêtre glissante, contrairement au Portugal voisin. Le seuil est « plus de 183 » : 183 jours ne suffisent pas, 184 oui, et notre moteur est testé des deux côtés. Les dates d’exemple ci-dessus donnent un printemps et un automne en Espagne : regardez ce qui reste possible avant le 31 décembre. Ce que le moteur ne peut pas faire, c’est décider si une absence est occasionnelle : ajoutez vos sorties à la main dans un séjour continu pour voir l’effet, si vous ne pouvez pas prouver une résidence ailleurs. La preuve visée par l’Agencia Tributaria est un certificat de résidence fiscale délivré par l’autorité de l’autre pays, valable un an, et un titre de séjour ne suffit pas. Ce certificat vaut donc d’être demandé avant d’en avoir besoin.

Déclarer, et départager avec un autre pays

Un salarié n’a pas à déclarer si ses revenus viennent seulement du travail jusqu’à 22 000 € par an, limite ramenée à 15 876 € dans certains cas, comme plusieurs payeurs au-delà de 1 500 € pour les suivants (article 96). Les travailleurs indépendants inscrits en cours d’année doivent déclarer dans tous les cas. Si un autre État vous considère aussi résident, les conventions signées par l’Espagne suivent généralement, selon l’Agencia Tributaria, cet ordre : logement permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord entre autorités. Voir la double résidence fiscale et le tableau par pays. Pour tenir le compte des jours sur l’année, l’application Taxlag le fait voyage après voyage.

Les questions qui reviennent

Quel est le taux maximal de l’impôt sur le revenu en Espagne ?

L’échelle de l’État de l’article 63 de la loi 35/2006 monte à 24,5 % au-delà de 300 000 € de base liquidable générale. Ce n’est que la part de l’État : chaque communauté autonome approuve sa propre échelle, selon l’article 74, et l’ajoute. Le taux total dépend donc de votre communauté de résidence. Nous n’avons pas relevé les échelles régionales sur cette page, et il faut les vérifier à part.

Mes vacances hors d’Espagne se déduisent-elles de mes 183 jours ?

Pas forcément. L’article 9 compte les absences occasionnelles dans la présence, sauf si vous prouvez une résidence fiscale dans un autre pays, par un certificat de l’autorité de ce pays. La loi ne chiffre pas ce qu’est une absence occasionnelle. Pour un territoire classé comme paradis fiscal, l’administration peut en plus exiger la preuve de 183 jours passés sur place pendant l’année.

Ma femme et mes enfants vivent en Espagne, suis-je résident même si je travaille ailleurs ?

Vous êtes présumé résident, sauf preuve contraire. L’article 9 de la loi 35/2006 pose cette présomption quand le conjoint non séparé légalement et les enfants mineurs à charge résident habituellement en Espagne. Elle se renverse par des preuves. L’Agencia Tributaria indique que la résidence fiscale dans un pays se prouve par un certificat de son autorité, sans dire si cela suffit à renverser cette présomption.

Peut-on être résident espagnol pour une partie de l’année seulement ?

Non, selon l’Agencia Tributaria : une personne est résidente ou non-résidente pour toute l’année civile, car le changement de résidence n’interrompt pas la période d’imposition. Une arrivée en juin avec plus de 183 jours sur l’année rend donc résident pour l’année entière. Une convention peut toutefois répartir différemment le droit d’imposer si un autre pays vous considère aussi comme résident.

Combien paie un non-résident sur ses revenus espagnols ?

L’article 25 du texte refondu de l’impôt des non-résidents fixe un taux général de 24 %, ou 19 % pour les résidents d’un autre État de l’Union ou de l’Espace économique européen avec échange effectif d’informations. D’autres règles visent certains revenus, comme les pensions, qui ont leur propre échelle. Une convention fiscale peut aussi réduire ce que l’Espagne a le droit de prélever.

Quels taux s’appliquent avec le régime des impatriés de l’article 93 ?

La base générale du régime est taxée à 24 % jusqu’à 600 000 € et à 47 % au-delà. Le régime s’ouvre pour l’année du changement de résidence et les cinq suivantes, si vous n’avez pas été résident en Espagne les cinq périodes précédentes et si votre arrivée a un motif prévu par la loi, comme un contrat de travail ou un poste d’administrateur.

À lire ensuite

Sources officielles

Chaque règle de cette page vient de ces textes, ouverts et lus le 3 novembre 2026.

Rédigé par

Éditeur indépendant de règles de résidence fiscale et d'outils de décompte des jours établis à partir des sources officielles

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