Impôt sur le revenu en Allemagne 2026 : tarif du § 32a, Wohnsitz et séjour de six mois
L’Allemagne vous impose sans limite dès que vous y avez un logement gardé et utilisé (Wohnsitz) ou un séjour habituel, toujours constitué après plus de six mois d’affilée. Le tarif 2026 part de 0 % jusqu’à 12 348 € et monte à 42 %, puis 45 %.
En Allemagne, le premier test n’est pas un total de jours. Le § 1 de la loi sur l’impôt sur le revenu (EStG) soumet à l’impôt illimité toute personne physique ayant un Wohnsitz ou son séjour habituel sur le territoire. Selon le § 8 du code fiscal (AO), le Wohnsitz existe là où quelqu’un détient un logement dans des conditions laissant conclure qu’il va le garder et l’utiliser : pas besoin d’y dormir un nombre donné de nuits, ni d’être propriétaire d’après ce texte. Le séjour habituel du § 9 AO vient ensuite : il existe là où quelqu’un se trouve dans des circonstances montrant qu’il n’y est pas de passage, et une présence continue de plus de six mois vaut toujours séjour habituel, dès son début, les courtes interruptions restant sans effet. Ce « dès le début » compte, car le septième mois rend aussi les six premiers concernés. Une exception protège le séjour purement privé, visite, repos ou cure, s’il ne dépasse pas un an.
Le tarif 2026 : une formule, pas des tranches
| Revenu imposable 2026 | Taux |
|---|---|
| jusqu’à 12 348 € | 0 % |
| 12 348 € à 69 878 € | progressif, selon la formule légale |
| 69 878 € à 277 825 € | 42 % |
| au-delà de 277 825 € | 45 % |
Le tarif est progressif entre 12 348 € et 69 878 € ; 42 % et 45 % sont les taux fixes des dernières zones.
Entre 12 348 € et 69 878 €, le § 32a ne donne pas de taux mais deux équations. Pour 2026 : de 12 349 € à 17 799 €, l’impôt vaut (914,51 × y + 1 400) × y, où y est le dix-millième de ce qui dépasse 12 348 € ; de 17 800 € à 69 878 €, (173,10 × z + 2 397) × z + 1 034,87, où z est le dix-millième de ce qui dépasse 17 799 €. Ensuite, 0,42 × x − 11 135,63, puis 0,45 × x − 19 470,38 à partir de 277 826 €. Le revenu est arrondi à l’euro inférieur, et l’impôt aussi. Voici ce que donnent ces formules :
| Revenu imposable | Impôt, personne seule | Impôt, couple en splitting (revenu commun) | Surtaxe de solidarité, personne seule sans enfant |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 4 217 € | 870 € | aucune |
| 60 000 € | 14 233 € | 8 434 € | aucune |
| 100 000 € | 30 864 € | 21 096 € | 1 251 € |
| 300 000 € | 115 529 € | 103 728 € | 6 354 € |
La colonne du couple applique la méthode du § 32a al. 5 : deux fois l’impôt sur la moitié du revenu commun, pour des époux imposés ensemble. La dernière colonne vient de la loi sur la surtaxe de solidarité (SolzG) : celle-ci ne s’applique que si l’impôt servant de base dépasse 20 350 €, ou 40 700 € en cas de splitting (§ 3), puis vaut 5,5 % de cette base, sans dépasser 11,9 % de ce qui excède le seuil (§ 4). Pour un calcul avec enfants, la base est différente, et nous ne l’avons pas modélisée. Ces lignes sont des calculs à partir des textes, pas des avis officiels, et elles ne prennent ni l’impôt d’Église, ni les cotisations sociales, ni les revenus à taux spécial, non lus ici.
Ni Wohnsitz ni séjour : l’impôt limité
Sans ces attaches, le § 1 al. 4 EStG ne vous impose que sur vos revenus allemands au sens du § 49. Le § 50 applique alors le tarif avec une différence importante : le revenu imposable est majoré du Grundfreibetrag, la part à 0 %, avec des aménagements pour les salaires. Un frontalier peut donc regarder le § 1 al. 3 : sur demande, un non-résident peut être traité comme assujetti illimité pour ses revenus allemands, si au moins 90 % de ses revenus de l’année sont soumis à l’impôt allemand, ou si le reste ne dépasse pas le Grundfreibetrag, montant à réduire selon la situation du pays de résidence. Il faut une attestation de l’autorité fiscale étrangère. Le texte est conditionnel : relisez-le pour votre cas.
Six mois d’affilée : ce que le compteur compte et ne compte pas
| Seuil de jours | Fenêtre | Comment on compte | Sans décompte de jours |
|---|---|---|---|
| plus de 6 mois | présence continue | tout jour de présence | Un logement gardé et utilisé (Wohnsitz) rend résident sans décompte. |
Du 20 janvier au 25 juillet 2026, l’exemple préchargé dépasse six mois : la règle de durée du § 9 est atteinte. Notre test de moteur est calé sur cette borne : du 15 janvier au 14 juillet, six mois tout juste, la durée n’est pas dépassée ; du 15 janvier au 15 juillet, elle l’est. Trois limites de lecture, car la règle allemande n’est pas une simple addition. Le compteur prend votre plus longue présence d’un seul tenant et traite chaque sortie saisie comme une coupure, alors que la loi ignore les interruptions brèves : si vous sortez pour une semaine, fusionnez les deux séjours pour voir le résultat prudent. Il ne sait pas non plus si votre séjour est purement privé. Et il ignore tout du Wohnsitz.
Résilier ou garder le logement au départ
Partir d’Allemagne en gardant le logement à disposition garde le critère du § 8 en jeu : la question est de savoir si les circonstances laissent conclure que vous le garderez et l’utiliserez. Le texte de loi ne dit rien de plus sur la sous-location ou la durée d’absence, et nous n’y ajoutons rien. Deux articles de la loi sur la fiscalité extérieure (AStG) visent aussi le départ. Le § 6 assimile à une vente à la valeur vénale, pour des parts au sens du § 17 EStG, la fin de l’assujettissement illimité par abandon du Wohnsitz ou du séjour habituel. Le § 2 vise un Allemand assujetti au moins cinq ans sur les dix dernières années, installé dans un territoire à faible imposition ou nulle part, avec des intérêts économiques importants en Allemagne. Leurs conditions sont longues : lisez ces articles en entier avant un départ.
Déclaration et conflit de résidence
Pour un salarié, le § 46 EStG limite les cas de déclaration obligatoire quand l’impôt a été retenu sur le salaire : autres revenus au-delà d’un certain montant, revenus sous réserve de progressivité, et d’autres cas à lire dans cet article. Si un second pays vous considère résident, voir la double résidence fiscale ; aucune convention allemande n’a été examinée pour cette page. Pour comparer une règle voisine aux chiffres différents, voir la Suisse ou le Luxembourg, ou le tableau par pays. L’application Taxlag garde la trace de chaque séjour si vous ne voulez pas tout reconstituer plus tard.
Les questions qui reviennent
Quel revenu reste sans impôt en Allemagne en 2026 ?
Le § 32a de la loi sur l’impôt sur le revenu fixe le Grundfreibetrag à 12 348 € de revenu imposable pour 2026 : jusque-là, le tarif donne un impôt de zéro. Il s’agit du revenu après déductions, et non du salaire brut. Pour des époux imposés ensemble, la méthode du splitting double en pratique ce montant, puisqu’elle calcule l’impôt sur la moitié du revenu commun, puis multiplie par deux.
Garder un appartement à Berlin après mon départ me laisse-t-il imposable en Allemagne ?
Cela peut. Selon le § 8 du code fiscal, un Wohnsitz existe dès que vous détenez un logement dans des conditions laissant conclure que vous allez le garder et l’utiliser. Avec un Wohnsitz, le § 1 EStG vous soumet à l’impôt illimité, sans nombre de jours minimal. La loi ne chiffre pas d’usage minimal. Une convention fiscale peut ensuite répartir le droit d’imposer avec votre nouveau pays.
Mes six mois en Allemagne sont-ils remis à zéro si je pars une semaine ?
Pas forcément. Le § 9 du code fiscal parle d’une présence continue de plus de six mois et dit que les interruptions de courte durée restent sans effet, sans en fixer la longueur. Si le seuil est dépassé, le séjour habituel vaut dès le début de la présence. Dans le compteur, fusionnez deux séjours séparés par une courte sortie pour voir le résultat le plus prudent.
Une retraite de sept mois à la montagne en Allemagne crée-t-elle un séjour habituel ?
Le § 9 du code fiscal écarte sa règle des six mois lorsque le séjour a lieu uniquement pour une visite, le repos, une cure ou des motifs privés semblables, et ne dure pas plus d’un an. Sept mois purement privés restent donc hors de cette règle chiffrée. Une activité professionnelle pendant le séjour peut lui enlever ce caractère exclusif, et le Wohnsitz reste un test séparé.
Quand paie-t-on la surtaxe de solidarité en Allemagne ?
Selon le § 3 de la loi sur la surtaxe, seulement si l’impôt de base dépasse 20 350 €, ou 40 700 € pour des époux imposés selon le splitting. Le § 4 la fixe à 5,5 %, sans dépasser 11,9 % de l’excédent au-dessus de ce seuil, ce qui lisse l’entrée. Avec nos calculs à partir de ces textes, une personne seule à 60 000 € n’en paie pas.
À lire ensuite
Sources officielles
Chaque règle de cette page vient de ces textes, ouverts et lus le 3 novembre 2026.
- Allemagne, § 1 EStG (assujettissement)
- Allemagne, § 8 Abgabenordnung (Wohnsitz)
- Allemagne, § 9 Abgabenordnung (gewöhnlicher Aufenthalt)
- Allemagne, § 32a EStG (barème)
- Allemagne, § 50 EStG (assujettis limités)
- Allemagne, § 3 SolzG 1995 (seuil de la surtaxe de solidarité)
- Allemagne, § 4 SolzG 1995 (taux de la surtaxe de solidarité)
- Allemagne, § 2 AStG (assujettissement limité étendu)
- Allemagne, § 6 AStG (imposition de l’accroissement de valeur au départ)
Rédigé par Radif Partners
Éditeur indépendant de règles de résidence fiscale et d'outils de décompte des jours établis à partir des sources officielles
Aucun conseiller fiscal extérieur n’a relu cette page. Méthode · Politique éditoriale · Contact
Règles en vigueur en 2026, dernière mise à jour le .